Elisabeth LEVERRIER ![]() |
| site internet : http://e-leverrier.site.voila.fr "Dans l'Espace du lieu et dans le feu, je trouve la force de passer à l'acte [...]"
LE DESSIN EN QUESTION Genèse: l'espace de la mémoire De ce que je vois, je ne sais si c'est une image ou la chose même. Qu'est-ce qui a provoqué la première image ? En 1985, pour retrouver la chose même, j'arrête de peindre . Je suis seule dans un hangar non chauffé. Ce brusque arrêt de l'acte de peindre va provoquer l'émergence des souvenirs, tel un flot de parole ininterrompu, un bouillonnement sonore. Comment rendre visible cette sonorité ? Quelles en sont ses limites ? Mon corps fonctionne comme un réceptacle de la parole des autres mais aussi comme émetteur: quand je m'arrête de parler, les yeux se mettent à projeter une formidable envie de vivre! Depuis 1987, j'investis des lieux vocants (église, site industriels) : dans le silence du lieu, je retrouve la mémoire, c'est-à-dire l'énergie verbale qui y a circulé. Dans l'espace du lieu et dans le feu, je trouve la force de passer à l'acte, a fresco : le dessin apparaît grâce aux contraintes verbales que je me donne pour atteindre les cimaises et me déplacer. Le dessin est comme une mémoire graphique du lieu, une restitution de sa sonorité. La fonction du dessin LE FEU : est le témoin d'une préhistoire de l'image. Si je capte de la force à le regarder le temps que le bois soit suffisamment brûlé, sa chaleur est à peine tenable; passage obligé avant le dessin, le feu est comme un filtre au travers du quel je passe; mais qu'est-ce que je brûle ? LE LIEU : un espace de contemplation ?La lumière est primordiale et donne une épaisseur, une matière au silence qui habite le lieu. C'est dans ce silence chargé de l'énergie verbale qui y a circulé que je taille des brèches et que je retrouve la mémoire. Dans ces lieux du dedans, je me sens dehors, mes limites charnelles sont bousculées. Une fusion avec le lieu . LA RÉSONNANCE: : de l'un dans l'autre, du dehors et du dedans ? De l'un à l'autre ? De l'un dans l'autre ? Comment nommer cet ultime résidu inhérent à la présence d'un corps et qui se propage d'un corps à l'autre, `Des chemins qui ne mène nulle part', d'Heidegger, j'ai extrait l'expression `la chose en soi' qui me permet de nommer cette énergie aux limites impossibles. suite......
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