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papiers-peints 07 [12]
Etudes pour papiers peints 2007 Toutes oeuvres 100x70cm encadrées sous verre - Encres
Intitulée "Papiers peints", cette exposition surprend de prime abord car elle occupe densément les murs de la galerie. Peut-être suivant en cela la fonction d'un papier peint, elle semble recouvrir littéralement les murs, les assombrissant et réduisant au final le volume de la pièce. Selon les situations, le papier peint cache, ou bien se veut apporter dans le quotidien intime de notre intérieur la force, la protection, la sérénité d'un environnement qui nous plaît, et qui distille en nous bien-être et capacité à rêver. Mais, incontestablement, il ne s'agit pas de n'importe quels papiers peints... Car, de manière aussi immédiate que prégnante, ils semblent révéler, au sens presque mystique du terme, toute la symbolique de la nature: des couleurs chaudes, de celles qui caractérisent la ronde des saisons, des arabesques qui s'apparentent presque à des nervures, un relief délicat comme seul le végétal sait l'engendrer, nous cernent ici de toute part, tels les entrelacs d'une voute arborée dans quelque forêt. En cela, l'oeuvre de Jean-Marc Léger distille en nous un sentiment aussi tactile que visuel qui confère au magique... Et ce n'est d'ailleurs peut-être pas un hasard si les premiers papiers peints, au XVIIIe siècle, avaient des motifs directement issus d'un modèle naturel... Nonobstant ce premier niveau d'analyse, les tableaux de Jean-Marc Léger nous amènet assurément plus loin. En effet, le caléidoscope qui en est l'essence, l'aspect quasi fractal qui s'en dégage, rejoignent le travail de l'artiste sur les échelles et sur l'art du camouflage. On touche là au lien que l'homme entretient avec son environnement, dont tous les fils le ramènent à la perception ou bien sensible, ou bien scientifique qu'il a de la nature. Car il ne faut pas oublier que cette dernière n'a de sens qu'à travers notre regard, qui a cette capacité d'organiser, de classifier, d'expliquer... et au final de transformer. En imitant la nature, en voulantse fondre en elle, l'homme fait le lien, tend un pont, entre les oeuvres de son esprit et une réalité dont il ne peut ni faire abstraction, ni se détacher totalement. Nous nous trouvons donc au coeur d'une des plus belles richesses de l'homme, sa capacité à ressentir suffisamment puissamment son environnement, à s'en imprégner si intimement qu'il fusionne avec sa capacité d'imaginer, pour créer une vision au final unique et singulière. Bref, véritable confrontation entre sensible et rationalité, l'oeuvre de Jean-Marc Léger nous pénètre, presque de façon physique. Car, dans une société où le ressenti immédiat et individuel prend parfois le pas sur la philosophie, c'est-à-dire sur l'aptitude à penser l'homme au sein d'une société la plus progressiste possible, Jean-Marc Léger a la capacité, s'il me pardonne cette expression, de nous projeter dans un monde au final plus complexe, mais aussi beaucoup plus passionnant, celui de la perception que l'on pourrait qualifier d'humaniste de ce qui nous entoure [...] Bernard Luyckx, La Ferté Macé, le 17 juin 2008 |