Mu s t a p h a
La Machine à peindre
Dans le cadre de Nouzah Fennia, en partenariat avec le Festival de Casablanca 2011
Prendre le temps d’une pause, rencontrer la Karossa ambulante de Mustapha Chafik au détour d’une rue… attendre, et voir se dessiner notre quotidien… Appel à la méditation à travers des cercles concentriques, en réponse au côté tourbillonnant et fascinant en même temps de la ville de Casablanca qui n’arrête pas de tourner et vibrionner. Les peintures circulaires sont réalisées à l’aide d’une machine à peindre, sur la base d’une machine à barba papa, à l’image des vendeurs ambulant et des passants qui circulent dans cette ville.
Cette intervention invite les gens à s’amuser et participer au procédé de réalisation souvent ignoré et enfermé dans les ateliers d’artistes et des galeries. Les peintures prennent formes de tourbillons, d’horloges biologiques [série de peintures (Mes horloges biologiques)] ou de cercles concentriques en guise de mandalas. Une façon de remettre en question la façon de peindre ou de produire l’art qui devient parfois mécanique et souvent prise au piège ou pervertie par les clichés et les stéréotypes de la réception et l’interprétation de l’œuvre d’art de nos jours.


« Cicumambulances » Acrylique sur toile 100x100cm (2009)
Né, vivant et travaillant dans une grande ville comme Casablanca, je suis atomisé et éparpillé par son coté tumultueux stressant et fascinant en même temps.
En me déplaçant, J’ai toujours besoin de faire une pause, je prends un café dans une terrasse puisqu’il y en a beaucoup dans cette ville, pour stopper le flux mental et faire une écologie intérieure, je regarde la foule circuler ou plutôt circumambuler, en prenant mes notes et en gribouillant, je pose ma tasse de café sur une feuille de mon carnet, ou sur un bout de papier pour qu’elle y laisse une trace circulaire
Je fais de ces pauses café et ses traces sur le papier un rituel, puisque ce dernier peut rendre enrichissant les moments de routine, et leur apporter mystère paix et ordre.
Le cercle n’est t il pas symbole temps, de l’infini, de perfection et de divinité ? Concentrique, il représente aussi les degrés de l’être.
Chez moi dans mon atelier, le mal apaisé, la pensée claire après avoir pris une autre dose de caféine, Je transforme ces petits cercles de caféine en tourbillons vertigineux pour reproduire et accentuer l’effet envoutant, et dévastateur de cette ville, des peintures sous forme de vortex en guise d’horloge biologique sont réalisé parfois à l’aide d’un dispositif mécanique, qui utilise l’énergie du temps et la force de rotation faisant ainsi tourner/danser la toile à des vitesses différentes pour reprendre, souligner et exagérer l’aspect tourbillonnant et atomisant de cet espace, tantôt pathogène tantôt fascinant, conjugué au flux intarissable et infini du temps auquel on est condamné …
Je fais ainsi du temps et de ce vertige son propre remède, Pour essayer d’ajuster mes horloges biologiques en me créant ma propre esthétique de l’existence, tel un danseur de Samâ’, un derviche tourneur qui cherche l’unité et l’harmonie avec le cosmos a travers une extinction dans la présence divine, dans un mouvement giratoire transcendant, et pour qui, toute la création tourne autour d’un centre .
2008‐2009
Installation : « temps de pause » (Café sur papier)

« Horloges biologiques » Acrylique sur toile
2009
Installation : « temps de pause » (Toiles vierges pliées et ficelées)
2007
2007 villa des arts – Casablanca/Rabat installation/sculpture « hibernation » Visage de l’artiste moulé sur plâtre et collé au mur
Hibernation
L'art reflète les crises de la société et demeure le lieu d'expression des valeurs.
Mais l'art contemporain a fait l’objet de certaines critiques ; il reste souvent obscur ou provocant aux yeux du grand public, il est ennuyeux ; il ne suscite aucune émotion esthétique ; il est sans contenu ; il ne ressemble à rien ; il ne répond à aucun critère esthétique ; on n'y décèle aucun talent (n'importe qui est capable d'en faire autant). C'est aussi un art officiel et une pure création du marché ; réservé aux initiés et coupé du public, qui ne le comprend pas à cause de ses élucubrations intellectuelles et ses trucages qui dissimulent sa vacuité ; en plus du prix de certaines œuvres qui reste injustifié en regard du talent ou de la virtuosité démontrée.
À partir des années 80, les arts à forte composante "technologique" ont fait leur apparition, avec l'art vidéo, l'art informatique puis, par la suite, l'art numérique, le bio-art…
Que faire donc aujourd’hui, devant ce grand choix offert par les nouvelles technologies de l’image et la multitude de possibilité techniques et vertigineuses que nous proposent l’art et les artistes aujourd’hui.
Que puis-je faire en tant que marocain, surtout après le tumulte de questionnements et de problématiques posés dans mon projet précédent : « la peinture est elle morte ? » qui consistait à incinéré mes toiles de peinture pour présenter les cendres sous forme d’installations.
Dans cette exposition, j’ai décidé de n’utiliser aucun artefact, aucune couleur, aucune forme ou artifice, pour laisser la place à une ambiance de silence, d’embarras, d’angoisse… avec mon visage moulé en plâtre qui se répète, apparaît, disparaît et réapparaît sur les murs de la salle à travers lesquels je regarde les visiteurs timidement. Je suis narcissique, schizophrène, calme, hésitant et cloné vulgairement et froidement dans un état d’étouffement et d’hibernation, en attendant et en espérant trouver des réponses dans le regard du public.
« Il est peut être vrai qu'en art dit "contemporain", moins il y a à voir, plus il y a à dire! »
Mustapha CHAFIK
Installation (Radiographies, boites en pvc et ampoules colorées) Villa des Arts de Casablanca 2004
R.V.B (vidéo O5 min)
2004‐2006
Voici quelques prétextes :
Je pratique l’installation et
la vidéo mais le problème, c’est que je ne pouvais
pas arrêter de peindre tout en voulant être
contemporain,d’ailleurs j’ai toujours prétendu
l’être, mais il paraît que peindre actuellement n’est pas considéré comme un acte contemporain, surtout en France, est ce vraie ?
Le grand critique d'art Elie Faure écrivait en 1921 : " Il y a encore, il y aura encore des peintres, beaucoup de peintres, mais la peinture, c'est fini."
Puis-je peindre et continuer à faire des installations en même temps ? Commentet de quelle façon peut-on peindre à l'époque des images numériques et après l'incroyable diversité des différentes expressions artistiques du XX° siècle?
On dit que toutes les tendances et les styles coexistent encore ensemble dansnotre siècle pluraliste, qu’il n’y a plus d’avant-gardisme ou presque et quepersonne ne peut prétendre inventer quelque chose de nouveau depuis qu’on a parlé de la mort de la peinture et de l’art en général.
Admettons qu’il y a vraiment une mort de la peinture, depuis l’œuvre de marceldu champ « étant donné » comme on a dit ; Pour réagir par rapport à cette question et essayer d’élucider ce point, j’essayerai de lui donner un « sens » ouune forme en adoptant un chemin de Questionnements - ludique en quelques sortes
-sur le quoi, le pourquoi et surtout la place de cette peinture suivant maposition dans mon pays comme artiste plasticien marocain, car Il s’agit de mapeinture en réalité, elle est morte à mes yeux sous prétexte que je m’en lasseparfois, Je ne vends pas assez, Je ne peux pas la stoker chez moi longtemps fauted’espace et il n’y a pas de grands espaces non plus pour l’exposer.
Ceci dit : quelle est la place de l’art dans notre société ? Quel est le rôlede l’artiste ? Quel marché d’art on a ? Quels musées, quels centres d’arts,quelles galeries ? Quelles écoles d’art… ?
Etant un artiste originaire d’un pays comme le Maroc, qui a fais des études supérieures, et qui a voyagé en Europe aussi pour travailler et exposer la bas, (suite à l’obtention d’une bourse UNESCO-ASCHBERG qui m’a permis de résider au centre de recherche, d’échange et de pratiques transdisciplinaires en France pour réaliser un projet en nouvelles technologies de l’image) dois je faire de la peinture et arrêter de concevoir des installations sous prétexte d’être enphase avec le publique, les structures et le marché de l’art ?
Je me suis inventé alors un processus de destruction et de construction, deconcassage qui consiste à faire subir à ma peinture un ensemble d’agressions, je détruis un travail pour nourrir un autre et ainsi de suite.
En voulant matérialiser cette mort, je me suis inspiré de certains rituels qui consistent à brûler les morts. Comme si j’étais entrain de chercher un cheminement et un passage logique de la peinture à l’installation en passant parla performance comme possibilité !
Le résultat final va être une sorte d’installations qui représentent la peinture sous une autre forme réduite au maximum pour répondre à la question etau problème lié aux grands espaces d’exposition, les cendres des toiles brûléesseront mises dans des bocaux portant chacun en guise d’étiquette une ficheindiquant le titre, la dimension et la date de réalisation et celle decalcination ainsi que la photo de la toile en question, faisant ainsi allusion àla place de la peinture dans la société de « consommation » pour réagir cette fois à la question de contemporanéité, d’où le titre provisoire parfois : « conserve de peinture », mais souvent « la peinture est elle morte ? ».
Je ne suis en aucun cas contre la pratique de la peinture, mais ce projet se veut juste un instant de réflexion, de questionnement et de « provocationartistique ».
Mustapha Chafik
"La peinture est elle morte? " Installation Bocaux transparents, Cendres de toiles de peinture, Étiquettes mentionnant les dates : de réalisation Et de calcination, la technique, le titre et les dimensions. © Mustapha Chafik 2005
Fragment de Textes
Mustapha Chafik aime la nuit, l’heure où les aura apparaissent. Il aime les conversations du soir maillées de longs temps de silence. Il aime aborder la nuit comme un veilleur. Son œil illumine alors les choses ou plutôt révèle leurs lumières intérieures. Mustapha Chafik est un artiste circulant, il aime déambuler de cercles en cercles dans une curieuse géométrie. Et ce que son esprit a saisi, il l’installe dans un espace qui nous renvoie successivement à l’ombre et à la lumière, au silence et à l’écoute, à l’intérieur et à l’extérieur, au mouvement et à l’arrêt. Mustapha Chafik est un artiste qui cherche en nous ce qu’il trouve au fond de lui, pour l’approfondir. Les objets multimédias de ses installations y invitent comme autant de stations : une vidéo, un caisson lumineux, un cercle de lumière, un cercle peint…comme une suite d’intimités. Mustapha Chafik est un mystère, j’ignore ce qu’il a appris et pris chez nous les quelques mois de sa résidence tant sa discrétion est grande. Je sais mieux ce qu’il nous laisse : cette impression forte que laissent ceux dont l’attention est toujours en éveil, la pensée en activité, le travail en exigence. Son travail très déterminé et maîtrisé relève une profonde universalité, la diversité des supports témoigne de la ténacité de sa recherche, la cohérence de ses différentes approches montre une mise à distance sans fascination pour l’outil.
Jean Paul PONTHOT Directeur de l’Ecole Supérieure d’Art d’Aix en Provence
Texte écrit pour le catalogue de l’exposition lors de la résidence au Cyprès et à l’école
Supérieure d’Art d’Aix en Provence
Mustapha Chafik (plasticien enseignant) Vit et travaille à Casablanca
. Diplôme de Master en Ingénierie Culturelle et Artistique
· Diplôme de Licence des Universités Marocaines en Art Appliqué
· Diplôme de l'Ecole Supérieure des Beaux Arts de Casablanca
· Diplôme d'Artiste sur Métal
· Diplôme de baccalauréat en Arts Plastiques
1992 : " ARTS ET INDUSTRIE " stage de sculpture métallique ( IFC - SMOA - OFPPT )
1993 : " NATURE contre NATURE " stage de formation artistique au Maroc
1994 : Stage en images de synthèse (2D-3D)
: " METAL'ART " : Stage de formation artistique (SOMACA)
1997 : " Connaissance et découverte du milieu professionnel artistique et culturel européen
" (Module : Arts plastiques)( Association Pépinières Européennes pour Jeunes Artistes, France)
Expositions Interventions et Participations :
2003 - Vidéoformes (Clermont-ferrand) - France –
-10è Festival International de Vidéo - Casablanca
2002 - Medi@terra Athènes - Grèce -
-15è Instants Vidéo de Manosque – France
2011 - Festival de Casablanca (Art urbain- Nouzah Fennia / La machine à peindre) // 2010 - Festival de Casablanca (Art urbain- Nouzah Fennia) // 2008 – « Festiv’Art N° 2 » Villa des Arts Casablanca // 2007 - « Troc Art » villa des arts de Casablanca/Rabat // 2005 « Légendes de ma ville » (Institut Français de Casablanca) // 2005 - les plasticiens de Casablanca (cathédral sacré cœur) // 2004 – « constellations » villa des arts // 2004 - Salon des artistes - Casablanca "inspirations" // 2003- Villa des Arts (Musée d'Art Contemporain-Casablanca) // 2002 -Institut de développement Artistique – France - Ecole Supérieure d'Art d'Aix-en-Provence // 2001 - F O L (Circumambulances) // 2000 -" Faxographie " ou l'art du fax // 1999 - Institut cervantes de Casablanca // 1998 - Institut cervantes Casablanca // 1998 - Galerie Bassamat " ABSOLUTement artistes " concours national // 1997 - Galerie AL wacety- Union des écrivains du Maroc // 1996 - Institut cervantes Casablanca // 1996 -Complexe Culturel Maârif de Casablanca ce "n'est pas cathodique "3è Festival d'Art Vidéo " //1995 - Institut français de Casablanca "ARTS11" : la réalité urbaine perçue comme objet d'art // 1995 - Institut Français de Marrakech " ESPACES et IMAGINAIRE " // 1994 - Institut Français de Casablanca "des CHOSES" // 1994 - "METAL'ART" (SOMACA - Casablanca) société de montage de voitures à Casablanca // 1993 - Complexe AL Amal: "travail sur la ville de Casablanca" // 1992 - Institut Français de Casablanca "ARTS et INDUSTRIE" // 1992 - Palais des congrès de Marrakech " ARTS et INDUSTRIE"
1998 - ABSOLUTment artistes (Concours National d'Art Contemporain) // 2001 - 2002 : UNESCO-ASCHBERG (Fond International pour la Promotion de la Culture) Bourse de résidence au CYPRES (Centre Interculturel de Pratiques, Recherches et Echanges Transdisciplinaires - France)
Commandes publiques :
Commandes de la ville de Casablanca, Art Urbain (Festival de Casablanca 2005, 2007, 2009)
2008 « CMV » Meriem Chella // 2007 « Maroc Soir » Hayat K.Idrissi // 2005 Moussa MATROUE « Assahra Al Maghribia » // 2004 Carte blanche "VIVA CASABLANCA" n°2Avri 2004 // 2002 Ahmed Baba ASSABAH 02 mai // 2001 Mustapha Najma Le Matin du Sahara 26 juin // 2001 Abdallah Cheihk Assahara 06 juillet // 1998 Mahjoub Haguigue La Nouvelle Tribune 19 - 52 novembre // 1999 Mahjoub Haguigue La Nouvelle Tribune 30juin-07 juillet…
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Mustapha ChafiK GSM: +212(0)661 56 72 68 Chaficom@hotmail.com www.mustaphachafik.c.la